Autours du tracé

J'ai choisi cette frontière, parce qu'elle me semble être '' paisible '', en parfaite opposition avec l'idée même de frontière telle qu'elle est majoritairement présente dans l'imaginaire collectif. La chaine pyrénéenne donne un aspect faussement naturel à ce territoire transfrontalier. Pour la première fois je découvre ce paysage.

 

Ici, tout me paraît banal, anonyme. En fait, je ne me sens pas à l'étranger. Alors je cherche ce qui pourrait m'attirer dans ce lieu commun. Je me questionne sur les traces d'une activité comme résurgence d'une présence frontalière. Je sillonne les routes, sans destination particulière, avec l'envie de découvrir ce qu'il y a au-delà de la crête, au-delà du virage. Peut-être j'y apercevrai les rhizomes d'une frontière pour laquelle je suis venu.

En parcourant ces lieux, j'accompagne un berger pour la transhumance, je rencontre des contrebandiers, un ouvrier de maintenance des réseaux électrique... Je tente de capturer leurs empreintes qui de manière insidieuse mais assidue marquent le territoire. Un peu plus loin j’aperçois des montagnes noires, menaçantes. Ici une gare se finit au milieu de nulle part. Là un rond-point mène à des routes qui semblent sans destinations. Autant d'images et de rencontres des quelles transpirent une la frontière évanescente.